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Je suis ou je suis ?
Il y a quelques années, une amie, convaincue que je m’étais trompée dans l’orthographe de ce mot me l’avait fait remarquer dans un grand éclat de rire. Depuis, cette question presque philosophique ne cesse de me tarauder et elle me revient sans cesse au fil des formations auxquelles je participe : Etre ou suivre, telle est la question… J’ai largement développé mon avis sur le sujet dans mes deux précédents posts. Longtemps je n’ai pas réussi à employer le verbe être à la prem
florencemula
11 mai3 min de lecture


Changer le disque - 2ème partie
Changer de disque, voire de medium, c’est se réapproprier notre propre vision du monde, affirmer ce qui peuple notre intériorité, ne plus se complaire dans les apparences, ne plus dissimuler que l’on sait, ne plus se rétrécir mais au contraire, comme Alice, croquer le biscuit et devenir grande. Grandir requiert du courage : celui de déplaire, de se désolidariser, de se respecter, de se choisir. D’avoir un alignement interne tellement stable qu’il résiste aux vents contraires.
florencemula
6 mai3 min de lecture


Changer le disque - 1ère partie
Vous posez un 33 tours sur la platine. Il est tôt. Ce disque, vous l'avez écouté tous les jours pendant des dizaines d’années. Vous l’avez aimé. Vous avez tellement de souvenirs qui lui sont attachés. Il est un peu rayé et vous agace parfois par ses petits défauts à peine perceptibles. Vous vous servez un café fumant. Dehors le jour se lève. Les premières notes s'élèvent. En vous, quelque chose cède. Vous vous levez calmement, éteignez la platine et brisez le disque. Vous déb
florencemula
5 mai3 min de lecture


La petite vierge dans sa niche
Depuis l’enfance, il y a cette maison à l’entrée du village. Une maison comme un passage. Elle veille à l’angle de la route nationale, autrefois moins fréquentée, parcourue par le Tour de France, la flamme olympique ou les Peugeot 304, aujourd’hui avalée par le flux pressé des SUV et des camions, digne cousine éloignée du périphérique parisien. Dans cette maison, la même famille depuis ma naissance. Jusqu’à ces dernières semaines et le départ de ses occupants. J’en ignore la
florencemula
30 mars2 min de lecture


Pourquoi t'as pas d'enfants ?*
Alors voilà. Que vous croyiez ou non à l'astrologie, il faut bien que je vous avoue que le passage Février-Mars n'a pas été un long fleuve tranquille. Je me disais justement hier que d'avoir choisi de travailler sur les deuils m'aidait quand même à ne plus être (trop) submergée quand ils se produisent. Les deuils, en tant que pertes/ruptures, sans qu'ils soient obligatoirement d'un être vivant. Avec la capacité de pouvoir prendre un peu de recul, ils me semblent plus 'assimil
florencemula
9 mars3 min de lecture


Pour nos ninis à nous
Suzanne, devant la caméra, sort d’une petite boîte en fer son perroquet mort depuis plus de vingt ans. Empaillée, Nini attend sagement, enveloppée dans son sac plastique, d’accompagner sa maîtresse pour son dernier voyage. Sur une carte postale, Suzanne a consigné ses dernières volontés : que Nini soit enterrée avec elle le jour de sa mort. La semaine dernière, j’avais rendez-vous chez une professionnelle de santé. Près de trente ans que je la connais. Et que je connais aussi
florencemula
16 févr.3 min de lecture


Plaidoyer
Mon petit billet hebdomadaire est aujourd"hui un plaidoyer, un plaidoyer pour la disparition ferme et définitive de la chanson Hallelujah aux enterrements 😅 Bon. J’avais d’abord pensé écrire supplique et plagier Brassens, mais le mot m’a semblé un peu excessif. Pour bien commencer la semaine, optons plutôt pour une certaine douceur. Quand j’étais adolescente, je collais mon transistor contre l’oreille et j’attendais fébrilement l’arrivée de Georges Lang (pas Jack – il n’est
florencemula
9 févr.3 min de lecture


Carduni e passatelle
Dans le train, je me remémore les gestes, les rituels, les fleurs et les discours. Le choix des musiques. Je me dis, comme souvent, que je suis heureuse (j'emploie ce mot à escient) de voir les familles endeuillées tellement submergées par le chagrin qu’elles ne peuvent se rendre compte de tout ce qui dysfonctionne autour. Les prêtres zélés (on prend ce qu’il y a me dit-on souvent) qui lèvent les bras au ciel, parlent de l’église qu’il faut rénover, de celles qui seront rempl
florencemula
4 févr.3 min de lecture


Un coeur en briques rouges*
Il y a quelque temps, un vilain vigile électronique à la sensibilité affûtée avait alerté de ma venue un magasin tout entier. L’être humain qui le secondait s’était alors approché en déclarant : « C’est la beauté qui sonne ! » Une fois l’étonnement et le rire dissipés, je me suis interrogée sur la place que nous laissons, dans nos cœurs fatigués de tant d’horreurs, à la poésie. Lassés, blasés, arrivons-nous encore à la reconnaître ? Écrite déjà, elle décourageait les âmes dés
florencemula
4 févr.2 min de lecture
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