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Dire au revoir

  • Photo du rédacteur: florencemula
    florencemula
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

(A Stranger Things...)

Voilà, c’est fini. Dix années passées à communier ensemble autour du destin d’Eleven. Et des millions de personnes cherchant une fin qui serait “la bonne fin”.

J’ai passé tout le week-end à lire les forums, observant comment chacun tentait de formuler sa propre vérité.

Je me suis interrogée sur cette volonté de refuser la contradiction et cette manière de s’acharner à imposer sa vision, cette passion dans les commentaires qui se terminait parfois par des noms d’oiseaux. Mais il m’est vite apparu que c’était surtout la tristesse qui s’exprimait. Des millions d’enfants intérieurs qui ne voulaient pas dire au revoir.

Il n’y a jamais de “bonne fin”, pas de conclusion suffisamment satisfaisante à la perte de l’enfance, de l’insouciance, des êtres aimés, aux promesses que l’on ne peut pas ou plus tenir.

Ces derniers jours de décembre, je parlais à mes amis de mon envie de voir le système scolaire évoluer. De voir apparaître de nouveaux programmes qui intégreraient au lycée la sociologie, l’anthropologie et la philosophie. J’évoquais un cours qui expliquerait aux collégiens et lycéens comment fonctionne le monde dans lequel ils peinent souvent à trouver leur place. Même une heure par semaine.

Imaginez le kiff de découvrir, grâce à la confrontation des idées, que chaque opinion est valable et qu’elle peut, à tout moment, se transformer.

Imaginez qu’un éclairage soit apporté, par des faits socio-culturels, aux émotions.

Imaginez une philosophie enseignée aux plus jeunes, non pas uniquement sous l’angle de la pensée figée d’un professeur qui a écrit sa thèse sur Kant, mais reliée au monde dans lequel nous vivons, à la réalité de chaque jeune vie et à sa sensibilité.

Pourquoi en sommes-nous encore aussi loin ?

Mais je digresse, ou peut-être pas.Télérama ( qui n'est pas toujours une référence) parle d’une conclusion niaise et des happy ends propres aux films des années 80. Je m’interroge : “Est-ce qu’une fin est heureuse simplement parce que les personnages principaux sont encore en vie ? Est-ce que la mort est le seul critère d’un dénouement heureux ?” (Pour celles et ceux qui s’en souviennent, cf ‘La vie est belle’ de Roberto Benigni… qui m’a pour toujours traumatisée).


Les fins les plus justes sont peut-être celles que l’on s’autorise à écrire, à imaginer, à réinventer. Elles révèlent de nous cette possibilité, ce désir de faire nos deuils à notre manière. De dire adieu en souriant et en pleurant dans le même temps.

Alors, pour cette fois, j'ai envie de me laisser émouvoir par ces posts, commentaires, échanges… Au milieu de ce chaos qu’est notre monde actuel, les scénaristes nous ont permis, fait rare, de composer avec ce que nous sommes l’histoire dont nous avons été les héros et héroïnes pendant dix ans, à la fois dans ce jeu et dans le nôtre.

Nos moments de rêveries, l’émotion et la joie enfantines dont nous sommes encore capables, nous qui avons voulu grandir pour être autorisés à, et qui, nostalgiques de nos enfances, ne s’autorisent plus, les incurables romantiques qui veulent encore “croire”, etc.

Nos propres théories sont nourries de nos croyances profondes et de notre capacité salvatrice à rêver, de ces moments où il a fallu dire “au revoir”, laisser notre famille, nous retourner sur ce temps qui nous échappe.

La grande force de ce scénario est d’avoir tellement multiplié les références inconscientes que nous avons été emportés dans notre “upside down” personnel. Toutes les conclusions sont donc justes, empreintes d'idéal ou d'espoir.

Alors puissent vivre longtemps les opinions engagées, même lorsqu’elles dépassent le cadre de la fiction. Je vous souhaite de pouvoir encore et encore accueillir ce débat contradictoire et de cultiver votre esprit critique. Ce sont, à mes yeux, les deux derniers phares dans l’obscurité avant l'écroulement du monde. Et, comme à Hawkins, je suis persuadée que ce n’est pas l’armée qui nous sauvera.

(Photo perso modifiée par IA sans indication autre que le titre – On a toutes un peu de Barb’ en nous )



 
 
 

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