Phoenix et vampire
- florencemula

- il y a 1 jour
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La vie d’une coach/thérapeute est jalonnée d’expériences qui sont souvent peu racontées sauf peut-être en supervision.
Les proches ou connaissances qui nous côtoient à travers d’autres masques ou sous couvert de rapports sociaux différents ne comprennent souvent pas l’essence de nos métiers, pas d’un point de vue global mais plutôt dans ses subtilités et ses spécificités. Rien de plus normal. Je ne connais pas non plus les détails des métiers que je n’ai pas expérimentés.
Parfois, si l’intention du thérapeute n’est pas clairement affichée d’écrire un livre dans un futur proche s’en vient l’envie de témoigner, non par volonté de projeter sur les lecteurs le film d’un ego en mal de reconnaissance, mais par celle de coucher pour la postérité un éclat d’humanité.
Il y a quelques années, lorsque je me justifiais encore, j’avais dû expliquer à un monsieur loin de vouloir reconnaître mes skills, que je n’avais pas eu besoin d’être abusée pour accompagner les victimes d’abus et lui citais d’autres exemples avec la volonté d’être la plus choquante possible.
Aujourd’hui, la justification a disparu et j’ai choisi d’abandonner dans les oubliettes de ma vie d’avant quiconque remettrait en cause mon métier s’autoriserait à le commenter, où expliquerait la méthode juste pour l’exercer. (NB : ne plus aller sur Linkedin donc…).
La grief counselor que je suis ( oui, j’utilise souvent l’anglais, I know, car les mots dans cette langue résument les concepts de manière plus directe) pense que nous vivons des micro-deuils au quotidien et que les reconnaître nous permettrait peut-être de nous familiariser avec le sentiment de perte et de chagrin (Là encore l’anglais possède toute une série de mots Grief-mourning-Bereavement, etc. qui détaillent ses différentes formes et qu’il est intéressant de distinguer).
Lundi, une personne qui a traversé ma vie il y a plusieurs années et qui est de plusieurs années mon aîné.e, m’a écrit pour me fêter (merci) et me dire qu’elle avait ‘transitionné’ (c'est le mot que l'on emploie aujourd'hui mais je ne suis pas sûre de le trouver pertinent) et se sentait enfin en paix avec elle-même. Peu importe les opinions de chacun.e, j’ai été tellement émue par son message. Abandonner son genre, son identité, a été un parcours semé d’embûches et de résilience, de thérapies et thérapeutes, de transformations sociales, sociétales et personnelles. De multiples deuils et pertes pour une renaissance joyeuse. Le deuil peut-il être perçu comme heureux ou apporter une forme de sérénité ?
l y a quelques années, lorsque je vivais à l'étranger, j’avais écrit un essai sur la vampirisation par l’écriture de Mina Harker dans le roman Dracula de Bram Stoker. La figure du vampire qui renaît mais mort, après avoir transitionné m’a toujours fascinée et elle est revenue en force ces dernières années dans le champ psychologique. La figure que j’ai le plus aimée dans Harry Potter ? Le phoenix. Phoenix et vampire, histoires de renaissances de métamorphoses, de mort et de vie ? A suivre… @florencemulaphotography




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