Boo
- florencemula

- 14 janv.
- 3 min de lecture
Besoin de partager avec vous aujourd’hui un sujet qui me laisse quelque peu perplexe.
L’année dernière, je faisais une formidable immersion aux Pompes Funèbres avec la non moins formidable Coopérative funéraire de Lille.
Je revenais de près de deux années à Bruxelles où les diplômes de Conseiller funéraire et Maitre de cérémonie funéraire ne sont pas obligatoires pour exercer. J’ai donc pu grâce à la confiance de professionnels du secteur, officier des cérémonies au crématorium, au cimetière, dans des lieux laïcs, etc.animer des cafés mortels et rencontrer de nombreux prestataires.
En France, les diplômes sont nécessaires. Je connais beaucoup d’officiant.es de cérémonies qui exercent cependant sans certification, généralement sous le statut d’auto-entrepreneur et qui font pour la plupart un travail remarquable.
Je sais également que les spécialisations autour du deuil d’indépendants peuvent parfois faire grincer des dents aux professionnels de la profession, qui souhaitent légiférer (plus clairement ?)sur ce sujet.
Alors, souhaitant être dans les clous, j’ai voulu faire la formation de Maître de cérémonie pour avoir un gage de sérieux, approfondir plus en avant mes connaissances, me donnant ainsi les moyens de travailler avec des sociétés funéraires mais en indépendante, puisque j’ai ce statut depuis 15 ans.
Et c’est là que tout s’est enrayé. Je vous passe les allers-retours avec des organismes de formation qui ne comprenaient pas ma demande, pourtant simple à mes yeux. Ça a duré plusieurs jours pour finalement arriver à ce constat : être maître de cérémonie indépendante en France mais reconnue par les institutions n’est pas possible.
Les formations de Maître de cérémonie ne permettent que de travailler pour une société de pompes funèbres ou par interim.
Pour pouvoir exercer le diplôme, il faut un numéro d’habilitation délivré par la préfecture, donc passer le diplôme de conseiller funéraire puis celui de dirigeant et se renseigner auprès de sa propre préfecture car il n’est pas sûr qu’elle accepte que vous officiez, même à ses conditions. Voilà ce qui m'a été répondu.
Outre le fait qu’il s’agisse de 2 métiers distincts et à mon âge, je sais ce que je ne veux pas même si on essaie souvent de me convaincre du contraire, cela me semble poser deux problèmes spécifiques :
le premier est celui du coût de la formation : le diplôme de Maître de cérémonie n’a pas le même coût que celui de conseiller funéraire auquel il faut ajouter la formation de dirigeant.
Le deuxième est la mise en commun de tous les acteurs de la profession. Tout le monde s’accorde à dire qu’il est nécessaire aujourd’hui de travailler ensemble à ce que la mort ne soit plus un tabou en remettant l’humain au centre de l’équation, en favorisant la bienveillance et la réelle écoute des besoins/souhaits des familles, et en permettant à tous ceux qui voudraient s’engager dans ces corps de métiers, de le faire avec un salaire décent correspondant à la réalité de l’économie actuelle, empêchant ainsi une certaine forme de ‘turn-over’
Alors ma suggestion/question est la suivante aux professionnels du funéraire : pourquoi ne pas créer de nouvelles formations certifiantes adaptées à la réalité du terrain et du nombre croissant d’indépendants du secteur ? Peut-être que cela clarifierait les fonctions de chacun.e ?
Voilà, je pose ici ma réflexion parce qu’elle est importante pour moi. J’espère ne pas jeter un pavé dans la mare mais être juste par rapport à ce que j’observe. Si des professionnels souhaitent en discuter avec moi afin que je comprenne mieux les tenants et aboutissants, je suis preneuse. Merci.




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